23 août, 2011

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Histoire du Val d’Allos par M Bernard Deleuil chargé de mission à la marie d’Allos. Article publié en 2000 au bulletin municipal d’Allos

La foux d'Allos histoire

Je tiens particulièrement à remercier M Bernard Deleuil chargé de mission de la mairie d’Allos lequel nous a communiqué cet article publié voici dix ans au bulletin municipal ( n°7) de la commune d’Allos. Son travail évoque l’histoire du Val d’Allos, la naissance des stations et les enjeux du XXI siècle de ces stations. Un travail de grande qualité que nous appuierons dans l’avenir à l’aide d’ articles et de photo fournies par les familles des pionniers fondateurs de la Foux d’Allos.

LE VAL D’ALLOS A L’AUBE DU TROISIEME MILLENAIRE :

LES ENJEUX ECONOMIQUES D’UNE COMMUNE DE MONTAGNE.

On a toujours tendance à appréhender le présent à travers les difficultés de la vie quotidienne qui souvent occultent les logiques de développement à long terme, et qui prennent parfois leurs racines dans un passé plus ou moins proche, et dépassent le cadre étroit du territoire d’une commune, ou même d’une vallée et d’une région.

La commune d’Allos, et plus généralement le Haut –Verdon, ne sont  sortis d’une économie basée essentiellement sur une agriculture de subsistance que de puis fort peu de temps au regard de leur histoire, et si on peut parler aujourd’hui d’une quasi mono activité économique basée sur le tourisme, ce n’est que depuis à peine une cinquantaine d’année que le virage s’est amorcé, créant, sans que l’on s’en rende compte, la nécessité d’une nouvelle perception de l’environnement naturel, et des nouvelles ressources qu’il constitue.

Si la gestion de l’espace a toujours été un enjeu économique, la gestion de l’environnement, telle  qu’elle se dessine aujourd’hui, devient le fer de lance de toute les politiques, qu’elles soient locales, territoriales, nationales ou encore européennes, pour parler que de ce qui nous concerne.

Des nouveaux équilibres projetés pour l’avenir dépend la place que nous serons capables de défendre, et d’occuper dans la nouvelle carte géo – économique qui se met en place.

Le passage à l’an 2000 est l’occasion pour nous de faire un point sur ce que doivent être les enjeux de demain de notre commune, qui dans la deuxième moitié du 20ème siècle a déjà construit les bases de son avenir.

PREMIERE PARTIE : 1900-1999 :

Naissance et croissance d’une mono-activité :le tourisme.

Le paysage du 21ème siècle : un héritage du 19ème .

 

Les paysages qui nous entourent nous paraissent aujourd’hui une évidence, et l’on a toujours beaucoup de mal à imaginer qu’ils sont le produit de volontés politiques, d’exigences économiques, et qu’ils se sont parfois bâtis sur des tragédies humaines, comparables à celles qu’ont été les exodes ruraux qui ont traversé notre histoire.

Le 19ème siècle dans la vallée du Haut-Verdon présentait un paysage lunaire. Le défrichement (intensif au 18ème siècle), conséquent à la présence d’une importante population qui subsistait d’une agriculture céréalière (en particulier le méteil à Allos) et de l’élevage intensif d’ovins (lié pour partie à l’artisanat du filage de la laine et de la manufacture drapière), avait fini dès la première moitié du 19ème siècle de créer une situation catastrophique concernant le ravinement des terrains. La plupart des paysages avaient pris des allures désertiques, semblables, disent certains aux paysages du Haut Atlas marocain aujourd’hui.

Les habitants de la vallée confrontés, depuis déjà le 17ème siècle, à ce fléau qui provoquait l’appauvrissement des pâturages, la disparition progressive des meilleures terres cultivables, en même temps qu’il nécessitait la lutte permanente contre les débordements des torrents, se trouvaient dans la situation tragique de dépendre économiquement d’un environnement qui à court terme ne pourrait plus fournir les ressources dont ils avaient besoin

Les inondations fréquentes provoquaient d’importants dégâts ressentis bien plus bas, dans les plaines, traversées par le Verdon et La Durance.

L’unique solution, proposée  par l’Etat dès la moitié du 19ème siècle, pour remédier à cet état de « catastrophe naturelle permanente » fut d’envisager un gigantesque reboisement, lourd de conséquences, puisqu’il sous entendait, pour qu’il puisse réussir, la mise sous régime forestier de tous les « communaux », prohibant immédiatement l’élevage des troupeaux d’ovins. La vie de la population du Haut-Verdon devrait donc subir un bouleversement sans précédent, puisqu’elle serait désormais privée de sa ressource la plus précieuse et la plus productive. Certaines communes étaient par là même menacées de ruine et d’une émigration irrémédiable.

Si les premiers reboisements ne commencèrent qu’en 1862 à Saint-André les Alpes, il fallut encore attendre 30 ans pour qu’ils démarrent dans le Haut-Verdon, et 1893 à Allos.

L’opposition farouche de la majeure partie de la population qui se sentait spoliée de ses moyens de subsistance, ne fut que peu atténuée par les emplois que cette opération devait créer provisoirement, même si ce fut pour plusieurs décennies.

A la fin des années 1930 on pouvait constater qu’en moins de 50 ans le Haut-Verdon avait en partie effacé les traces d’une « absence de gestion » de son espace perpétrée pendant plusieurs siècles. Il avait surtout préservé les chances de son avenir.

Car si le bouleversement terrible opéré par le reboisement avait pu paraître un handicap à la survie économique des populations, il n’en était pas la cause première. Il faut aussi souligner que le 19ème siècle avait, bien avant lui, enregistré un déclin de l’économie traditionnelle de la vallée. Les nombreux troupeaux de la vallée transhumaient l’hiver dans les plaines pour pouvoir se nourrir, faute de réserves suffisantes, suivis en cela par une partie de la population. Ce déclin avait aussi des raisons bien extérieures aux difficultés mêmes rencontrées sur le territoire de la vallée. Le développement de la concurrence nationale et internationale, sur le marché de la laine et des draperies, avait su largement enclencher un déclin de l’artisanat et de la manufacture.

La fin de l’élevage ovin intensif, et le reboisement coïncident avec le début de notre siècle, et avec la « recréation » d’un nouveau paysage.

Pour Allos l’orientation vers  l’élevage de vaches laitières, et la fabrication de produits laitiers, écoulés pour partie sur Nice, avec la création en 1907 puis en 1921 de deux coopératives laitières, constituera l’activité économique de pointe de notre commune, jusqu’après la seconde guerre mondiale. A partir de cette date la motorisation va accroître rapidement la productivité, et la concurrence, faisant grimper le seuil de rentabilité des exploitations, celles-ci deviendront petit à petit, les unes après les autres, trop petites  pour survivre.

Le tourisme s’est peu à peu implanté dans ces paysages de cultures fourragères, de forêts reconstitués, devenus souvent sous exploitées , et de pâturages désormais habités par les troupeaux transhumants des départements voisins.

Il n’y a pas de date précise au « début » du tourisme, même si dès le début du siècle jusqu’avant la seconde guerre mondiale un tourisme d’été « de luxe » a fréquenté la vallée, essentiellement de Beauvezer à Colmars.

Celui-ci a laissé quelques traces comme l’Alp- Hotel  à Beauvezer, sans modifier l’espace de façon radicale, puisqu’il se satisfaisait des  paysages façonnés par l’activité essentiellement agricole du Haut-Verdon.  Seules les voies de communication ont peut-être bénéficié de cette réputation naissante faite à la Vallée qui attirait les gens aisés de la Côte d’Azur.

C’est cependant cette nouvelle appréhension de l’espace rural, de la « nature », dirions nous plus volontiers aujourd’hui, qui va marquer la révolution fondamentale de la perception des paysages. L’espace du dur travail des hommes de notre vallée était déjà devenu « espaces de loisirs » pour certains. Et c’est à partir de là que « le pays » est réellement devenu « le paysage ». Aurions nous pu penser à cette époque d’un tourisme naissant que le loisir deviendrait (presque) tout notre travail… ?.

Le tourisme d’hiver et l’ « urbanisation » du rural et de son paysage.

 

Si l’on commence à parler des sports d’hiver dans le Haut-Verdon dès le début du siècle, ce n’est qu’entre les deux guerres que l’on peut parler vraiment d’un essor de l’activité « neige ». Si dès 1929 de grandes rencontres de ski de descente, de saut ou de ski nordique sont organisées à Allos et La Foux par  la « Société des skieurs du Haut-Verdon » avec le  Club Alpin de Nice et de Cannes, ce n’est qu’à partir de 1936 que la confiance créé dans cette nouvelle activité va aboutir à la création d’équipements spécifiques.

C’est au cours de l’été 1936 qu’est réalisé le premier « monte-pente » au Seignus par une société dont le capital est constitué pour les 4/5 environ par l’apport financier des résidents d’Allos et du Haut-Verdon.

Avec les premières trouées réalisées dans la forêt pour les pistes de montée et de descente vient de s’amorcer une reconversion que l’on ne sait pas encore irrémédiable.

Le développement des hébergements se déroule dans la foulée par l’ouverture d’hôtels comme Le Beau-Site ou Le Refuge, en même temps que l’installation d’équipements sportifs annexes comme un tremplin de saut ou une patinoire.

En ce qui concerne La Foux, la Commune d’Allos, en 1938, concède la construction et l’exploitation d’un remonte-pente à la S.A.F.A., société anonyme au capital de 200 000 F.

Une subvention du ministère des travaux publics de 150 000 F est en plus allouée pour l’aménagement de la station.

La remontée de l’Aiguille et un chalet –refuge (La Grande-Séolane) seront opérationnels pour la saison 1938/1939.

Si la guerre va remettre provisoirement en cause cette évolution, le décors est désormais planté. La Foux d’Allos va suivre le schéma classique du développement d’une station avec la S.A.F.A. qui augmentera dès 1945 son capital, et en 1957 créera trois nouvelles remontées, constituant en même temps  d’importantes réserves foncières, en rachetant les terres des producteurs de lait qui rencontrent de plus en plus des difficultés pour perpétuer une activité qui n’est plus rentable.

L’entrée du groupe Boissonnas dans la S.A.F.A. en 1961 sera déterminant. A partir de cette date une réelle étude du domaine skiable, et de la station à réaliser va être faite.

L’étude d’une liaison avec Pra-Loup date de 1964, année qui verra la construction des télésièges Marin Pascal et Vescal et du téléski du Signal.

Pendant les années 1970 se concrétisera l’essentiel du schéma d’aménagement de la station tel qu’il peut nous apparaître aujourd’hui à travers le réseau de remontées mécaniques existants ( Télécabine de l’observatoire en 1970, Liaison Pra-Loup 1976 avec les téléskis de  La Crous et des Ubaguets).

Si jusqu’au début des années 1970 l’essentiel de l’hébergement résidait dans des petits hôtels familiaux, dans quelques résidences secondaires individuelles (habitat ancien rénové ou quelques chalets construits depuis le milieu des années 50), ou dans des locations chez l’habitant, dès 1966 Soleige est en chantier inaugurant une nouvelle conception de l’hébergement « collectif ».

L’équipement d’un domaine skiable va de paire avec le développement de l’immobilier. La terre devenue « terrain à bâtir » va prendre de la valeur et permettre, dans un premier temps la rentabilisation, des investissements réalisés dans les remontées mécaniques.

C’est la S.A.F.A. qui réalisera en particulier le programme immobilier de l’Aiguille, et le Lotissement des Sources. Par la suite elle vendra les terrains, qu’elle avait achetés à bas prix, à divers promoteurs. L’important est ici de souligner que le développement de l’économie touristique du site s’est d’abord appuyé sur des intérêts strictement privés, en grande partie extérieurs à la vallée. Le début de l’ « urbanisation » des années 70 n’introduit aucune planification de l’espace, et s’implante dans un milieu rural (et même pastoral en ce qui concerne La Foux) quasiment « intact » en changeant, sans en avoir l’air, l’image que les « pionniers » du tourisme avait construite de ces paysages montagnards,  mais qui, avec eux, avaient permis d’engendrer un tel bouleversement.

En effet la perception de l’espace comme un espace d’activités de loisirs, était en elle-même  une complète révolution par rapport aux siècles où la terre avait été travaillée comme un unique moyen de subsistance. Sa valeur n’était plus ce qu’elle pouvait pauvrement donner, mais bien ce que désormais elle pouvait représenter dans le regard de ceux qui  en faisait un espace ludique et de contemplation, parfois même de spéculation.

Allos-Le Seignus allait vivre une évolution semblable, mais avec l’intervention de la Commune qui ayant reconnu dans le développement des sports d’hiver le moyen du renouveau économique de la collectivité, allait engager l’argent public dans l’équipement du Seignus.

En 1971 elle rachète donc les remontées mécaniques qui jusque là végétaient, celles-ci n’ayant pas connu l’intervention d’un groupe financier suffisamment important pour pouvoir lancer la station. Les études menées sur les possibilités du domaine aboutiront rapidement à l’équipement de l’Autapie, jusqu’à l’installation du télésiège du Gros Tapy pour l’hiver 80/81(hiver sans neige…).

Ici il faut remarquer que le développement immobilier s’est tout d’abord axé sur celui de la Résidence secondaire individuelle avec, en particulier, le morcellement, dès 1965 du Super-Allos . Il faudra attendre les années 80 pour voir les premiers immeubles collectifs au Seignus ou à Allos, et encore en quantité réduite. Jusque là l’hébergement, en dehors des chalets ou maisons individuels, se faisait en hôtel ou par location chez l’habitant , avec, contrairement à La Foux, plusieurs collectivités de tourisme « social » pour accueillir les enfants (Le Montagnard, Le Souleïadou,…), ou encore du type maison familiale (La Résidence).

La nouvelle intervention de la Commune en 1980, en accord avec la S.A.F.A dans la construction du Centre à La Foux confirmera, s’il en était besoin, l’intérêt général que représentait le développement et la planification des stations.

Le développement parallèle bien que décalé des deux stations est riche d’enseignement.

L’intérêt privé, social ou économique qui avait présidé au lancement des stations avait été vite relayé par les besoins de l’intérêt général qui avait identifié les « sports d’hiver » comme la nouvelle ressource « naturelle » de l’avenir.

Le premier plan d’occupation des sols en 1976 entérine irrémédiablement l’idée que le pays est devenu un paysage, et qu’il ne faut plus parler en termes de terre, mais bien en termes d’espace. La nécessité de sa gestion devient dès lors une préoccupation collective qui ne manque pas de générer certains conflits découlant tout naturellement des intérêts privés, parfois liés à une autre pratique ancestrale des ressources de la nature, ou quelquefois, au contraire, à une frénésie de développement accéléré.

Si la rentabilité agricole des terres était désormais du domaine du passé, la rentabilité des terrains à bâtir provoqua depuis la fin des années 70 jusqu’au milieu des années 80 le plus gros « boom » immobilier qu’avait jamais connu notre vallée (prioritairement sur La Foux), avec à la clé la nécessité de mettre à niveau les équipements collectifs (eau, assainissement, réseau routier,…).

Cette urbanisation, aidée par une inflation galopante, permit la construction d’un nombre très importants de meublés, acquis pour bon nombre d’entr‘eux dans l’idée de faire un  « placement » immobilier. Ainsi en moins de 20 ans  des terres qui ne valaient plus rien reprenaient une valeur que leur donnait l’installation de « la ville » à la montagne.

Ceci n’est qu’un paradoxe secondaire si l’on considère que l’  « espace » était devenu le moteur économique de la commune, substituant ses propres  ressources aux anciennes ressources  agricoles devenues obsolètes.  Par contre il devient presque une contradiction si l’on prend en compte le fait que c’est le paysage « planté » par une économie rurale qui a servi de point de départ à l’engouement des « urbains » pour la montagne, et qu’en un laps de temps très court c’est l’urbanisation  qui en a permis un accès « démocratisé », dopée par des promoteurs qui n’avait pas souvent évalué la qualité propre de ces ressources.

Ainsi la fin des années 80 va être le théâtre d’une première douche froide, au moment où la S.A.F.A. décide de se retirer d’un développement qui n’a plus d’intérêt pour elle. En effet en 1987 la plupart des programmes immobiliers sont réalisés, et la maintenance des remontées mécaniques est devenue trop exigeante financièrement pour présenter un quelconque investissement lucratif sur l’avenir. L’intérêt privé, à ce moment, ne converge plus avec l’intérêt général, et les buts poursuivis par la collectivité se révèlent n’être pas les mêmes que ceux atteints par la Société d’Aménagement de La Foux d’Allos.

Menacée par une fermeture « pure et simple » la station  devra être rachetée par la commune qui constituera une  SEM : la S.E.F.A.. Ce n’était certes pas le meilleur moment pour elle qui en même temps continuait les investissements sur Allos/ Le Seignus . Si avec la construction du Téléphérique rejoignant le village et la station, elle assurait un lien économique durable entre le « Centre ancien » et la station d’altitude, elle anticipait aussi le développement  du tourisme d’été, en ouvrant la Base de Loisirs.

Propriétaire de La Foux la commune possédait maintenant tous les outils de son développement économique futur. Si l’aménagement de son territoire était désormais de son seul fait, elle découvrait bien entendu les nouvelles contraintes financières qu’induisaient l’exploitation de deux stations, dans un contexte national et international de plus en plus concurrentiel. De même les importants emprunts contractés pour les différentes opérations engagées allait peser sur la gestion quotidienne des différentes installations.

Pour la commune l’espace créé par l’ « urbanisation » des stations impliquait une approche nouvelle de la gestion de ses ressources, et le « tout tourisme » s’imposait radicalement, sans savoir immédiatement quelles en étaient toutes les conséquences, et les nouvelles exigences auxquelles elles devraient se confronter.

L’attrait de la montagne et des sports d’hiver était passé lentement d’un enthousiasme tolérant, à de nouvelles demandes émanant de la principale condition de pérennité de nos ressources : la satisfaction des vacanciers.  Ces paysages et cette neige, ressources que l’on croyait données une fois pour toutes, se révélaient ne plus être suffisants dans leur brute apparence, mais nécessitait une gestion et une mise en valeur, au même titre que l’avait fait au cours des siècles, le travail des hommes qui avait exploité la terre.

En moins de 20 ans l’espace du loisir, comme la terre  qui nourrissait, était devenu un travail quotidien, dont allait dépendre la survie du lendemain.

Le Val d’Allos : « l’espace lumière » à la reconquête de son identité.

 

Le Val d’Allos a officialisé sa naissance en 1989 par la fusion des deux offices de tourisme qui jusque là œuvraient séparément sur les deux sites d’Allos- Le Seignus et de La Foux.

Le rachat de La Foux par la Commune impliquait la fusion des deux structures, et inaugurait le temps d’une nouvelle collaboration entre deux stations qui, même situées sur la même commune, se jouaient une concurrence parfois peu cohérente avec l’intérêt économique commun.

Cette concurrence de « voisinage », tout à fait naturelle, eu égard à l’historique des deux sites, et au déséquilibre apparent des équipements et des deux domaines, avait longtemps donné lieu à des justifications socio-économiques légitimant tour à tour la « gestion privée » ou la « gestion communale »(régie).

Le retrait du « privé » (même si la SEM « SEFA » était constitué d’une part minime de d’actionnaires privés), avait d’une certaine manière clos le débat, et l’implication de la  collectivité avait  définitivement promu le service public des remontées mécaniques au rôle de premier acteur économique de la commune.

Parallèlement le territoire communal s’était en quelque sorte agrandi, en retrouvant ses anciennes limites que l’initiative privée avait un temps un peu occultés, suivant dans ses démarches une logique économique propre, dont la concordance avec la logique d’intérêt général n’avait été qu’une coïncidence historique éphémère.

L’adoption du concept Val d’Allos est donc en  premier lieu la reconnaissance sur le territoire communal de l’intérêt commun du développement conjugué de tous les sites qui le composent. Avec bien entendu en priorité les deux stations qui déclineront leur complémentarité, et non plus leurs différences exclusives.

En second lieu, c’est la prise de conscience de la réalité d’un espace qu’il faudra rendre cohérent en le construisant comme un véritable « produit », prenant ainsi le pas sur le morcellement des démarches « éparpillées », qui un temps avaient été le moteur principal du développement de nos équipements.

Bien entendu la démarche « Val d’Allos » reste à ses débuts une simple image un peu vide, mais elle est, dès son adoption, un outil important des orientations dessinées pour l’avenir.

Ainsi on peut dire que c’est à partir de ce moment là que notre commune s’est mise à « réfléchir son espace », et par là même à comprendre que les transformations  de son paysage, assises sur une reconversion souvent anarchique des ressources de son passé, ne suffisait pas à asseoir son identité, et donc sa compétitivité, pour l’avenir.

La création dès 1989 d’un poste de Directeur du Val d’Allos témoigne de la volonté d’unir les énergies, de dynamiser les actions entreprises, et surtout de leur donner une cohérence entr’elles à l’intérieur du nouveau paysage communal.

Chapotant l’ensemble des structures municipales et para municipales la mission du directeur s’est certes vite polarisée sur les problèmes aigus rencontrés par les remontées mécaniques, ossature de l’activité socio-économique de la commune, qui dès 88/89 avait connu une première année sans neige  catastrophique pour l’équilibre des exploitations. Après une première année 87/88 d’exploitation « tout-communal » très satisfaisante, la deuxième année devait se révéler la plus mauvaise de l’histoire des stations.

Incapables de rembourser une partie de leurs emprunts, contractés tant pour l’achat des remontées mécaniques, que pour les divers investissements qu’elles avaient du réaliser (renouvellements ou maintenances des équipements),  la commune et ses sociétés sœurs (la Régie du Seignus et  la SEM, Société d’Exploitation de la Foux d’Allos), commencèrent à cumuler les intérêts de retard. Les années « noires » ne faisaient que commencer, car l’année qui suivit ne fut guère meilleure, et ne fit qu’aggraver l’importance de la dette. Après deux années (90/91et 91/92) moyennes, mais insuffisantes pour redresser la barre, 92/93 fut à nouveau mauvaise. Pendant ces quatre années  la survie  de l’  « Outil » était devenu l’unique préoccupation des élus locaux. Il faut dire qu’aucun investissement n’était plus possible et que l’avenir ne pouvait plus s’envisager sans une renégociation des dettes qui étaient, en l’état, totalement insolvables.

Les solutions recherchées pour réduire les coûts de fonctionnement et pour augmenter le Chiffre d’Affaire, devaient être une des raisons qui poussèrent la commune à fusionner, en 93, les deux sociétés d’exploitations qui devinrent la S.D.V.A., SEM exploitante désormais unique de gestion des remontées mécaniques des deux stations. Les autres raisons tiennent dans la logique développée par la politique « Val d’Allos » qui, dans ces années de crise, se trouvait renforcée, ne serait-ce que par la nécessité impérieuse de valoriser une identité forte dans des moments où les moyens financiers ne permettent pas de se reposer sur les acquis du passé.

L’illusion donnée jusqu’au milieu des années 80 que l’économie de la « neige » pouvait s’assimiler à une nouvelle forme de l’ « économie de cueillette », s’était soudainement évaporée dans les aléas des conditions climatiques, et la prise de conscience des coûts d’exploitation devenus rapidement prohibitifs, compte tenu non seulement des exigences de sécurité, mais aussi de l’évolution des besoins des skieurs, dopés par la concurrence d’autres stations, plus riches, et plus promptes à investir.

Parallèlement « l’urbanisation » des stations « achevée », révélait les faiblesses de son hébergement, pas toujours adapté, et surtout mal banalisé. La création d’un service commercial en 93, à l’initiative de la commune, s’est vite heurtée à ce problème, même si son action a permis de limiter les effets d’un réseau de commercialisation privé insuffisant.

Cette même année 93 fut le commencement des négociations avec le Conseil Général, et les Banques, en vue de réaménager les dettes, seule solution pour pouvoir asseoir le développement durable des stations. Le protocole d’accord signé en mai 95 devait aboutir à la création du S.M.V.A., Syndicat Mixte (du Val d’Allos) qui devenait propriétaire des remontées mécaniques des stations d’Allos, partageant les risques de leur exploitation entre le Conseil général et la Commune. Parallèlement l’étalement de la dette, et sa restructuration, devrait permettre à la commune de retrouver un minimum de capacité d’investissement.

Le Val d’Allos, en s’associant au département, vivait sa première vrai reconnaissance économique, et consolidait durablement l’identité de son territoire.

L’image de cette identité avait été associée, dès la naissance du concept, à l’  « espace lumière ». Celle-ci a eu du mal à s’enraciner. Récupérée par la station voisine de Pra-Loup qui l’associe à son domaine skiable (étendu à celui de La Foux), l’ « espace lumière » a du mal à épouser les contours du Val d’Allos.

L’ « Appellation Espace Lumière » avait été créé pour donner une valeur fédératrice aux images respectives des stations anciennement concurrentes, images dessinées par leurs histoires qui bien que parallèles, étaient bien spécifiques. Ces images « spontanées », véhiculées par les habitués des stations, et plus ou moins orchestrées par les deux anciens offices de tourisme, étaient souvent opposées. Elles se devaient de fondre dans une image unique, commercialisable, et incluant des qualités communes aux deux sites.

Le difficile accouchement du « Val d’Allos », largement préoccupé par sa survie économique des années 89/95, fera, qu’aujourd’hui encore, l’ « espace lumière »  a largement été « éteint » pour qu’on retienne en priorité l’émergence, plus pragmatique, de l’ « espace Val d’Allos ».  Car, dans un premier temps, c’est bien là que se situait l’enjeu principal. Il ne suffisait pas de dire « Val d’Allos » pour que celui-ci devienne une réalité immédiatement identifiable.

La commune d’Allos, dispersée d’abord dans plusieurs sites (les 26 hameaux de la commune dans les années 1900…), et plus tard dans ses deux stations, avait trouvé dans le « Val d’Allos » la première image qui lui manquait. Et c’est finalement bien celle-ci qui était la plus importante de transmettre.

Avec elle, elle avait défini le territoire qui lui manquait pour asseoir les bases d’un développement moderne, non seulement de ses équipements, mais aussi de son environnement et de son image.

Le contrat d’objectif du Val d’Allos : une première avancée pour la planification du développement.

 

Avec le protocole d’accord de 1995 réaménageant la dette et créant le SMVA , deux autres évènements majeurs se sont également produit.

Le premier concerne la signature d’un contrat d’objectif, et le second la délégation de la gestion des remontées mécaniques à une société privé.

L’objet de notre propos n’est pas ici ni de décrire les opérations menées dans le cadre du Contrat d’objectifs, ni de revenir sur les péripéties du contrat contesté passé avec la société Transmontagne. Les deux sujets ont été largement développés dans les Bulletins précédents.

A travers le contrat d’objectif, l’éligibilité de certains investissements touristiques aux critères d’intervention définis dans le Contrat de Plan Etat-Région, volet Alpes du Sud, (dans le cadre du XI ème  Plan 1994/1998 prolongé jusqu’en 2000), est en fait un important pas de réalisé dans la reconnaissance de la nécessité d’apporter un soutien aux collectivités locales pour le développement économique de leur territoire.

Au même titre que l’agriculture, ou l’industrie, une aide concerté et planifiée au tourisme est désormais  ressentie comme un élément déterminant dans l’aménagement du territoire.

Le Département, la Région, l’Etat et l’Europe en devenant partenaires du développement local dessinent en fait les contours du paysage économique de demain.

Le Val d’Allos, en s’incluant dans leur schéma, a su appréhender les exigences d’une logique économique globale mais qui détermine la place qu’il doit tenir demain, à côté d’autres territoires, eux-mêmes inscrits dans une logique concurrentielle de leur développement.

Les Axes de ce développement, contractualisés à travers le contrat d’objectif, définissent à ce titre parfaitement les directions de travail essentielles à l’édification durable de l’économie de notre territoire communal:

Axe 1 : Conforter le produit neige :

-Le renforcement qualitatif et quantitatif de l’enneigement artificiel est essentiel dans l’ouverture anticipée nécessaire des domaines skiables, ainsi que dans la maintenance des pistes les plus commerciales.

– L’aménagement des pistes concourt à la facilitation de leur entretien et  de leur   accessibilité, même en cas de déficit de neige.

Cet axe concerne l’infrastructure même de la station, et concerne une partie de sa capacité à générer un chiffre d’affaire supérieur et suffisant pour assurer l’autofinancement nécessaire à la maintenance des équipements.

Dans le contrat d’objectif n’était pas inclus le renouvellement des installations de remontées mécaniques, mais ce dernier élément est bien entendu la partie déterminante des futurs objectifs de développement des stations.

A ce sujet il faut remarquer que l’extension des domaines n’est pas un objectif retenu dans la planification soutenue par l’ensemble des partenaires. C’est l’optimisation de la gestion du domaine existant qui reste, et restera prioritaire.

Axe 2 : Diversifier l’offre touristique.

Cet axe vise l’aide aux investissements complémentaires du ski, et relatifs à la diversification des activités d été.

La prise de conscience de l’importance d’offrir des activités d’été autres que la randonnée s’est fortement illustrée par la construction de la Base de Loisirs en 1987. De même la création du premier centre VTT en 1989, affirmait la volonté de promouvoir de nouveaux pôles d’attraction dans notre commune.

Le développement du « tourisme vert » ces dix dernières années est devenu incontournable, et implique la nécessité d’investir dans des équipements  d’été, cette saison n’étant plus une « saison secondaire » , comme elle a pu être considérée jusqu’au milieu des années 80.

De même l’  « Après-ski », ou les activités d’alternatives au ski, revêtent une importance ascendante. La patinoire réalisée dans le cadre du contrat d’objectif renoue avec la tradition des sport d’hiver des pionniers, et se marie parfaitement avec le traçage d’itinéraires raquettes ou piétons, de plus en plus fréquentés par les vacanciers « malades » d’urbanisation.

Axe 3 : Améliorer l’Accueil touristique.

Se basant sur le constat de la relative anarchie dans laquelle se sont édifiés parfois les stations, privilégiant ce qui rapporte et négligeant les services qui apparemment ne rapportent pas, cet axe a proposé l’amélioration de différents espaces d’accueil de la station : office de tourisme, aménagements paysagers autour des lieux d’animation de La Foux, déplacement de garages des engins de damages situés en front de neige de La Foux.

Cet axe illustre parfaitement le besoin de répondre aux attentes des vacanciers qui recherche un cadre de vie (en vacances) où il n’est pas l’impression de n’être là que pour « payer ».  Démarche essentielle dans le devenir d’une station, il faut la relier à un objectif, qu’il faudra développer de façon plus large : la qualité de l’environnement immédiat des stations.

Axe 4 : Hébergements. Revalorisation et banalisation des meublés.

Cet opération, dont l’intérêt n’est plus à démontrer (V. Bulletin n°2) a eu la chance d’être retenue dans le contrat d’objectif, avant même que tous les problèmes juridiques liés à la possibilité de faire transiter de l’argent public vers le privé puissent être levés.

Cette chance a un revers car nous sommes aujourd’hui à la fin du contrat et la réalisation de l’objectif est suspendue provisoirement en attendant le XIIème plan (2000-2006).

Si nous parlons de « chance » c’est parce qu’il n était pas évident que simplement un axe soit ouvert sur cette opération, qui jusqu’ici relevait de l’initiative privé. Il faut dire que la dégradation et l’inadaptation des meublés dans bons nombres de stations, ayant vécut la même promotion immobilière que nous, souvent complètement incontrôlée, représentent un gros manque à gagner pour ces mêmes stations. Les chiffres en France accusent un fléchissement de la capacité d’hébergement en meublés (lits banalisés), fléchissement qui est lourd de conséquences.

En effet les Chiffres d’Affaire des stations sont affectés par cette tendance, et l’économie locale pâtit largement du tassement du nombre des locations.

La qualité de l’hébergement est une condition de la qualité de l’accueil, et il influe directement sur le volume de lits commercialisables.

Ainsi la prise en compte de la problématique est déjà une avancée qui, en ce qui concerne le Val d’Allos, a permis de réaliser une étude qui pourrait rendre opérationnels, très rapidement, des dispositifs de réhabilitation et de banalisation.

Le « revers » de la médaille est un peu la l’absence de «maturité » de l’objectif qui a conduit les représentants de l’Etat, en particulier, à temporiser sur ses réalisations.

Il est cependant essentiel de ne pas « rater le train » du XIIème plan qui devrait réactiver les projets en cours et les soutenir largement.

Axe 5 : Promotion –Commercialisation.

Cet axe concerne essentiellement les actions à mener par l’Office de Tourisme et le Service Commercial.

Orienté essentiellement sur le renforcement du service commercial en moyens humains et techniques, les actions menées visent à optimiser les possibilités de réservations des hébergements sur l’ensemble des sites du Val d’Allos.

La centrale de réservation comme moyen « facilitation » de la réservation est un projet dont la réalisation est inéluctable, ne serait-ce que pour jouer « jeu égal » avec de nombreuses stations qui en sont aujourd’hui équipées.

A travers ces 5 Axes de développement, nous le verrons, se sont construites les orientations essentielles  de notre travail de demain, de celui qui doit nous permettre d’espérer dans le troisième millénaire.

Du Contrat Transmontagne à la mise en concession du service des remontées mécaniques : les aléas et les difficultés de la gestion mixte « privé/public ».

A partir de décembre 95 l’autre événement majeur ayant pesé sur le développement de notre commune est l’arrivée d’un opérateur privé, exploitant « pour le compte de » la collectivité.

Après le « tout privé » et le « tout public » ayant simultanément, ou alternativement constitué le mode unique de gestion du service public des remontées mécaniques, la gestion « mixte » est apparue comme la solution pour résoudre durablement les contraintes et parfois les contradictions de l’exploitation du domaine skiable de nos stations ( à l’image d’autres stations de tailles moyennes comme les nôtres).

Si la commune s’est  vue acculée à assumer les investissements dans les stations  , pour pouvoir envisager la survie  économique et sociale sur son territoire, ce fut dans un premier temps à cause du retrait des premiers « bâtisseurs de stations », plus intéressés par la spéculation immobilière que par la maintenance de l’outil de travail des remontées mécaniques. Parallèlement le manque de neige et la morosité économique générale de la fin des années 80 et du début des années 90 avait encouragé un désintérêt sensible à l’égard des sports d’hiver.

L’engagement du Conseil Général en 1995( à travers le Syndicat Mixte) va permettre à nos stations de retrouver une « surface financière » publique plus importante, garantissant aux Banques et aux Opérateurs privés potentiels une crédibilité plus importante de notre « produit neige ». Cet intérêt retrouvé pour nos stations ne garantira malheureusement pas de certains effets pervers, dont  la signature du contesté Contrat Transmontagne est la plus remarquable illustration.

Entre la position communale qui préférait une gestion « tout public » à travers la SEM existante (la SDVA), en mettant en avant l’absence de rémunération que celle-ci aurait appliqué, et la détermination de l’ancien Conseil Général à vouloir confier à l’Opérateur privé un contrat à sens unique pour ce dernier, aucune alternative ne semblait réellement se dessiner.

Le Conseil Général invoquait l’incapacité de la SDVA et plus généralement l’incompétence de la Collectivité à  gérer  l’exploitation des stations, se référant aux résultats « catastrophiques » de l’exploitation « tout public » passée.

La Commune pensait simplement que la charge de l’investissement(remboursements des annuités d’emprunts comprises), et du fonctionnement « tout public » conjugué à un bénéfice « tout privé »(honoraires divers + intéressements divers), ne pouvait conduire qu’à une augmentation des coûts d’exploitation, et ne permettrait pas, même à moyen terme, aux  collectivités de retrouver une capacité d’investissement suffisante pour faire face, en particulier, au remplacement de certains équipements devenus obsolètes.

En effet la teneur du contrat assurait, quoiqu’il arrive, une rémunération à l’exploitant, qui n’avait aucunes obligations de maintenance ou de développement de l’outil de travail, autres que celles que pouvaient financer les deniers publics.

Ainsi, si l’on pouvait regretter le retrait de certains « privés », partis chercher ailleurs une certaine rentabilité de leurs investissements, on pouvait déjà regretter le retour de certains « privés » venus chercher des bénéfices sans aucuns investissements, ni même quelques charges de fonctionnement. La garantie apportée par le Département avait abouti dans un premier temps à attirer certains exploitants peu soucieux de l’intérêt général, mais qui voyaient peut-être dans les deniers publics l’assurance de revenus faciles à court terme.

Le déséquilibre du contrat fut en partie masqué par les trois premières années d’exploitation (95/96-96/97-97/98) où l’abondance de  neige permit d’équilibrer le compte d’exploitation, sans pour autant retrouver la capacité d’investissement qu’aurait pu laisser espérer des Chiffres d’Affaires sans précédents.

La dernière saison (98/99) révéla, comme prévu, la vrai nature du contrat en contraignant les collectivités à rajouter «  de leur poche » environ 9 M.F. pour pouvoir boucler le budget 1999 du S.M.V.A..(lire B.M. N° 6).

Résilié unilatéralement par le Syndicat Mixte en Mai 99, le contrat avec Transmontagne s’est terminé effectivement le 3 Décembre dernier.

Une procédure de délégation de service public, en vue de la mise en concession du service des remontées mécaniques du Val d’Allos a été lancée dès le mois de Juin.

A travers le Cahier des Charges de cette future délégation s’est nettement exprimée la volonté d’établir un partenariat stable et durable entre le public et le privé,  partenariat où chaque partie assumerait une part des investissements et des risques liés à l’exploitation (Lire article p.).

La deuxième moitié de ce siècle aura vu « grandir » les sports d’hiver dans notre commune avec de nombreuses « crises de croissance », voire d’  « adolescence ». Le Val d’Allos a traversé une période décisive pour parvenir à sa maturité pendant ces 5 dernières années. Nous sommes à ce jour en vue de la fin d’une dernière étape difficile, de laquelle va dépendre l’essentiel de notre développement futur. Pour s’en persuader il faudrait peut être se répéter ce qui pourrait ressembler à un proverbe : «  Si la Remontée mécanique va , tout  va », ou « tout ira ».

Ce postulat, un peu simpliste au demeurant, doit nous faire garder à l’esprit que l’ensemble des investissements communaux, et donc l’ensemble des projets de développement à venir, dépend de notre moindre intervention dans l’exploitation des remontées mécaniques. Moins la commune se devra de soutenir le financement  de ces dernières, plus elle pourra envisager de répondre aux besoins d’ investissements complémentaires indispensables aussi bien au tourisme d’hiver que d’été, ainsi qu’à la vie de ses habitants ou de ses résidents.

Tel est l’enjeu, et l’espoir du début du prochain millénaire.

 

SECONDE PARTIE : 2000/…. :

Les diversifications programmées de l’économie touristique de montagne.

 

 

Si le passage à l’an 2000 a une dimension symbolique incontournable, il se révèle aussi être une date charnière « objective » pour notre commune. Les 30 dernières années du 20ème siècle ont dessiné l’avenir à long terme de notre territoire tourné irrémédiablement vers le tourisme de montagne, avec ses nouvelles contraintes économiques.

L’ancienne agriculture, comme l’ancien pastoralisme se sont délimités une nouvelle place, dont le marginalisme économique et social ne doit pas masquer l’importance environnementale, largement complémentaire des équipements « modernes » imposés par le tourisme d’aujourd’hui.

L’espace s’est vu inventer des nouveaux moyens de gestion, comme le Parc National du Mercantour créé en 1979 (v. Bulletinn°6), pour imposer un certain équilibre entre l’  « urbanisation » des stations , le maintien des activités traditionnelles d’agro -pastoralisme, et la nécessité de maintenir des espaces protégés.

Si dans un premier temps on a pu considérer que « le tourisme » se construisait en parallèle d’autres activités, agricoles, ou de protection des espaces, force est de constater aujourd’hui que« l’économie touristique » devient un « tout » dans lequel peut s’englober l’ensemble des activités humaines inscrites sur le territoire. En effet la gestion de l’espace, tel qu’il est voulu par les différents schémas d’aménagement, européens, nationaux ou régionaux, considère les territoires dans leur développement global. Ce n’est plus une activité économique particulière qui est soutenue, mais une activité inclus dans un contexte de développement global du territoire. En ce qui nous concerne ce développement a de loin ou de près un rapport avec le « tourisme ».

L’agriculture de montagne, largement « soutenue » pourvu qu’elle s’inscrive dans certains schémas, n’intéresse plus par sa capacité de production spécifique, quelle qu’elle soit, mais par l’aménagement spatial dans lequel elle peut s’inclure, et qui a un rapport direct avec la conservation, ou la valorisation des paysages, et quelquefois du « terroir ».

Le Parc National s’il vise la protection des milieux naturels, a une mission de protection « paysagère », et de gestion spatiale en liaison avec le développement économique des communes où il est implanté, largement lié à la pratique touristique estivale  de la randonnée, qui par essence même est une activité de contemplation paysagère.

Ainsi le développement touristique de montagne s’annonce pour le début du troisième millénaire comme largement orienté vers une gestion « environnementale », et plus spécifiquement « paysagère »  de l’espace montagnard. Si cette gestion paraît inéluctable pour pallier  aux « désordres » et aux « déséquilibres » provoqués par l’explosion rapide d’un mono économie touristique qui a provisoirement désorganisé des systèmes de gestions ancestraux, elle semble correspondre aussi aux besoins profonds des vacanciers de demain qui sont désormais les nouveaux usagers exigeants de  nos espaces.

Notre commune n’échappe pas à ces exigences, et à côté des axes de développement économique tracés par le contrat d’objectif, qui seront en partis repris dans le XII ème Contrat de Plan, elle a souhaité renforcer sa collaboration avec le Parc National, ou l’Office National des Forêts pour conduire une politique de gestion concertée des espaces naturels et agro -pastoraux. De même elle s’est d’ores et déjà engagé dans le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux du Verdon, en relation avec le Parc Régional Naturel du Verdon. Dès cet hiver, elle s’engage dans une  expérience de sensibilisation à l’utilisation de voitures électriques dans les stations.

C’est en ayant pris conscience que le développement des équipements ne peut aller qu’avec une bonne gestion des services, et de l’environnement, que l’on peut dire que le 21ème siècle est déjà commencé, même si, rappelons le, il ne commencera que le 1er janvier 2001…

Nous avons souhaité, en ce début d’année 2000, vous donner les principales orientations du développement futur de votre commune.

Urbanisme et Patrimoine.

L’urbanisation périphérique aux Centres Anciens, comme Allos Village, et la réalisation de nouveaux axes de circulation pour répondre aux exigences du trafic routier(comme « la déviation d’Allos »), ont provoqué une désaffection de ces centres, et une certaine « dévalorisation » de ce qui représente une importante partie du patrimoine communal.

Même si la tendance s’est inversée, et que l’on assiste à une importante réhabilitation de nombre d’habitations, l’ « Aménagement du Village » (lire B.M. n°6), programmé sur plusieurs années, devra en particulier « réconcilier » l’ancien « centre », et l’axe de traversée du village (Pré de Foire compris) afin de redonner toute sa vitalité commerciale et patrimoniale au « cœur » de la commune.

La suppression des fils téléphoniques et électriques sur l’ensemble de la Grand’Rue était un préalable, aujourd’hui en cours d’achèvement.

L’aménagement du « Sentier du Tour de Ville », et des jardins dominant le cadre de Parc de Loisir et du Plan d’eau, devrait voir les premiers débroussaillages au printemps.

La rénovation et l’agrandissement de l’Office de Tourisme sera un pas important de réalisé en créant un point fort d’accueil, et une vrai vitrine dans le centre même du Val d’Allos.

Le projet de création d’un chemin piétonnier longeant le CD 908  depuis le Pont de Bouchier, jusqu’au village, installera une promenade en terrasses permettant un agréable désenclavement « piétonnier » de ce dernier.

De même la restructuration du secteur du Pré de Foire, mieux articulé avec l’axe du CD 908, devrait redonner aux piétons, aux flâneurs, et aux boulistes un  espace  plus adapté à leurs besoins de détente.

Du point de vue strictement patrimonial, la rénovation de la toiture de Notre Dame de Valvert, en collaboration avec le Ministère de la Culture, sera une des opérations les plus importantes de conservation de notre patrimoine. Après la chapelle de Notre-Dame de La Salette et l’Eglise de La Foux  la restauration de cet édifice remarquable s’inscrit dans la volonté de garder ce qui du passé est irremplaçable pour le présent. Ce qui en fait contribue à donner une partie de son âme à notre village d’aujourd’hu .

Le patrimoine d’Allos est constitué de nombres de chapelles et d’églises qui, malheureusement sont souvent plus ou moins détériorées (v. par exemple les fresques de l’Eglise Saint Sébastien à Allos, très abîmées par l’humidité). Les travaux de restauration sont  souvent coûteux, mais la préservation de ces édifices est aussi un atout de nos paysages qu’il convient d’estimer  à leur vraie valeur d’image de notre territoire, au même titre que notre patrimoine naturel.

En ce qui concerne Le Seignus, l’Aménagement paysager du Centre station autour de la Gare d’arrivée du Télécabine, et autour de La Chapelle devra permettre un accueil de meilleure qualité des vacanciers de l’hiver et de l’été.

Pour La Foux station, si son Centre est le plus nouvellement créé, et ne pose « que » des problèmes de stationnement, solubles sans faire appel à des réaménagements lourds, le cas du front de neige, au départ de l’ « Aiguille » et du Téléverdon « traversé » par la voie menant aux Résidences de l’Aiguille reste un point noir que le déplacement du garage du Val Benoît (abritant les engins de damage), ne devrait que partiellement résoudre.

L’échéance prochaine du renouvellement du Télébenne de La Chaup devrait accélérer la réflexion sur le remodelage de ce front de neige « étriqué », qui nuit fortement à l’image de la station. En effet,  le mélange véhicules/skieurs, au cœur même du départ du domaine skiable, dans un espace relativement réduit, est devenu inconcevable à court terme si l’on veut proposer un produit neige de qualité.

Des « Avant- Projets » existent, mais ils demeurent indissociablement liés aux plans de développement de la station qui pourront être décidés, à partir de 2000, dans le cadre de la concession qui devrait être attribuée en fin d’hiver, elle-même liée aux possibilités données par le nouveau contrat de Plan Etat-Région( lire article p.)

Hébergements.

La banalisation des lits reste l’objectif n°1. Celle-ci étant liée à une amélioration de la qualité de l’hébergement en général, et de la diversification du type d’hébergement.

En effet l’état des lieux aujourd’hui s’il constate un mauvais remplissage des lits existants, le doit avant tout à une absence de banalisation des lits qui, par là -même, ne peuvent pas être commercialisés dans des conditions « normales » pour des stations de notre capacité d’accueil (v. B.M. n°2).

Parallèlement le vieillissement des meublés, conjugué à leurs surfaces habitables trop réduites, est un obstacle incontournable à une bonne commercialisation.

En troisième lieu la carence en hébergement hôteliers, ou en collectivités accentue le déséquilibre induit par une « surabondance » relative de résidences secondaires , occupées essentiellement pendant les vacances scolaires et quelques week-end.

Les objectifs sont donc clairs même s’ils ne sont pas toujours simples, et dépendent eux -aussi en partie des aides qui seront consenties dans le cadre du nouveau Contrat de Plan Etat –Région.

–       Aider à la rénovation des meublés existants sous réserve de les mettre dans le circuit d’une commercialisation « station », qui en fera de vrais lits banalisés.

–       Favoriser la réhabilitation des structures existantes, comme Soleige, La Résidence ou Le Montagnard, avec pour objectif de construire des résidences de tourisme, ou des lits hôteliers, immédiatement commercialisables.

–       Encourager la construction de nouvelles résidences hôtelières ou de tourisme, en imposant des surfaces habitables correspondant à la demande d’aujourd’hui.

La révision du P.O.S. en cours devrait permettre de fixer les nouvelles règles d’urbanisation, en développant des C.O.S. moins importants, tout en diminuant les surfaces de planchers imposés jusqu’à présent dans certaines zones soumise à plan de masse.

L’attrait, même en location, pour le « chalet individuel », ou pour les « grandes surfaces » trouve aujourd’hui des échos favorables dans certaines stations qui développent des immeubles collectifs d’un seul étage, faits d’unité habitables accolées, mais individuelles.

Cette tendance illustre bien la recherche d’un « habitat traditionnel », ou tout au moins s’en inspirant, tant il est vrai que la demande « montagne » s’est fortement réorientée ces dernières années vers une recherche de l’ « authentique ».

Casser avec les habitudes et les décors « urbains » semblent plus que jamais à l’ordre du jour des vacanciers, même si le confort reste par ailleurs un critère de choix essentiel.

L’urbanisation implantée dans et autour de nos villages et hameaux, dans une période d’euphorie a quelquefois laissé un peu de côté un élément important : la recherche du dépaysement qui était une motivation essentielle de nos vacanciers d’été, mais aussi d’hiver. Même si ces derniers sont plus motivés par les plaisirs de la glisse, que par l’attrait plus spécifique de la montagne.

A près quelques années de « déprime immobilière », qui ont permis de prendre un peu de recul sur les faiblesses de certaines de nos réalisations, il est incontestable que l’avenir passe par la maîtrise de notre « urbanisation » et le recadrage de notre offre d’hébergement.

Les Remontées Mécaniques , et les équipements de sport d’hiver.

Si pendant la première période d’expansion de l’équipement des massifs alpins, après les jeux olympiques de Grenoble en 1968, les rêves les plus fous ont été échafaudés, comme la liaison La Foux Le Seignus, ou encore la construction d’une station à Chasse (au dessus de Villars Colmars), aujourd’hui l’heure est à faire fonctionner et rentabiliser ce qui existe. Et dans ce contexte il y a déjà de quoi remplir un calendrier chargé de travaux pour les 5/10 années à venir. Ils sont essentiellement de 4 ordres :

-Remplacement, ou rénovation des équipements de remontées mécaniques .

En priorité dans ce type d’ opérations il s’agit  pour La Foux du télébenne de La Chaup (casiers à bouteille) et du Télécabine de l’Observatoire, qui constituent un secteur vital des domaines skiables du Val d’Allos .

Le Télébenne est le seul accès pour les enfants débutants aux téléskis du Plateau et son débit skieur est dérisoire par rapport aux besoins actuels. Sa lenteur « légendaire » contribue à encombrer le Télésiège de l’Aiguille qui est l’unique accès rapide  au secteur du domaine skiable le plus longtemps enneigé et le plus « commercial » de La Foux . Quant au Télécabine son débit skieur/ heure de 600 personnes est bien en dessous de ce que peuvent recevoir le domaine du Vallon de l’Aiguille et des Trois Evêchés, qui par ailleurs offrent les 2 pistes qui ont le plus contribué à la renommée de La Foux(les skieurs viennent de Pra-Loup pour « monter à l’Observatoire »).

–       Renforcement ou restructuration  des secteurs mal desservis par les équipements existants.

Deux secteurs sont ici prioritaires.

Au Seignus , le téléski de FonFrede, servant d’unique liaison (facile d’accès) avec le domaine de l’Autapie, offrant des pistes « tous niveaux », constitue déjà un « étranglement » en cas de non fonctionnement du Télésiège du Gros Tapy, ou simplement de forte fréquentation de la station. Dans le cas d’une panne de ce téléski l’accès devient impossible, ou quasiment impossible (si leGros Tapy fonctionne), aux pistes les plus commerciales de la station.

En tout état de cause, même dans le cas où le Gros Tapy continue de fonctionner, les pistes de l’Autapie, en particulier la Bleue, deviendraient inaccessibles aux skieurs d’un niveau faible ou même moyen  qui répugneraient à y accéder par les pistes, plus techniques, que desservent le télésiège .

Un renforcement de cette liaison semble donc indispensable à court terme.

La seconde liaison problématique des stations du Val d’Allos, et certainement la plus coûteuse à améliorer, est sans aucun doute celle des secteurs de  la « rive droite »(du Verdon) et de la « rive gauche » de la station de La Foux.

Entre le TéléVerdon, insuffisant et lent, et le Téléski des Chauvets, lui aussi lent et peu adapté de par son emplacement, le domaine de La Foux souffre de cette séparation de son domaine, qui conduit souvent à une surcharge de la rive droite, elle-même handicapée par des équipements en partie obsolètes. Bien que partiellement soutenu par le service de navettes inter station, le « trafic » des skieurs, et aussi des piétons, souffre de ces équipements qui n’étant spécifiquement adaptés ni aux uns, ni aux autres, sont une source de mécontentement, surtout en période d’affluence.

Un équipement performant de remontée mécanique, adaptée aux skieurs, conjugué à l’aménagement d’une « vrai » piste depuis le bas de l’Ubac est certainement l’idée directrice qui devra amener une plus value à l’ensemble du domaine.

Ici aucun projet vraiment abouti n’existe, mais la restructuration de cette liaison, couplée à celle du front de neige reste l’objectif incontournable de l’aménagement de la station.

-L’extension et la rentabilisation du réseau d’enneigement artificiel.

La station du Seignus fut une des premières stations à s’équiper d’un réseau d’enneigement artificiel.

Cette position « avant-gardiste » a été légitimée par le temps, puisque aujourd’hui une station « sans canons » est à peu près sûre de perdre une importante partie de son chiffre d’affaire, et  de sa crédibilité.

Les importants travaux réalisés,  dans le cadre du contrat d’objectif ont permis de plus que doubler la superficie du domaine enneigé artificiellement sur La Foux (L’Ubac , Les Chauvets, et Le Plateau se rajoutent aux pistes de l’Aiguille), et de renforcer les performances du réseau du Seignus.

Si en ce qui concerne cette station le manque d’eau n’a pas permis jusqu’à aujourd’hui d’envisager une extension conséquente, le projet en cours(toujours dans le cadre du contrat d’objectif) de construction d’une réserve collinaire d’eau, devra permettre à court ou à moyen terme d’envisager l’enneigement de la piste de FonFrede, et de la piste rouge  de La Serre. Ceci signifierait non seulement l’extension du domaine skiable disponible en neige artificielle, mais aussi le maintien assuré de l’enneigement aujourd’hui incertain ( en début mais surtout en fin de saison) de la liaison  de Fon Frede , qui permet l’accès aux pistes de l’Autapie.

A moyen terme on peut imaginer que les ressources en eau ainsi canalisées pourront également permettre d’enneiger une piste reliant Le Seignus à Allos, dont le projet est lui aussi en cours (v.plus loin).

En ce qui concerne La Foux, l’axe primordial de la « liaison Pra-Loup », pourrait être conforté par l’enneigement artificiel de Vescal, celui-ci permettant également d’assurer l’enneigement d’une piste facile, aujourd’hui handicapée par son exposition « plein sud ».

–       L’Aménagement des pistes.

Celui-ci est également primordial. Le temps est lui -aussi fini où les pistes ne se traçaient que l’hiver sur le manteau neigeux, lui-même posé sur les Alpages ou éboulis laissés bruts de tout aménagement humain, ou presque.

Aujourd’hui l’aménagement des pistes vise non seulement le confort du skieur, mais surtout  à adapter le mieux possible le terrain à la couche de neige qu’il va supporter. En effet, et c’est d’ailleurs logique, plus le terrain sera plat et lisse d’obstacles, moins la couche de neige devra être importante pour le couvrir et le rendre skiable.

Ainsi le projet d’aménagement de la piste rouge de l’Observatoire (La « Serge Gousseault »), projet élaboré lui –aussi dans le cadre du Contrat d’Objectif, est exemplaire, en ce qu’il a pour but d’éliminer les énormes blocs des éboulis du Vallon de l’Aiguille, qui empêchent toute ouverture de la piste avant que la couche de neige atteigne parfois plusieurs mètres…Il faut savoir à ce sujet que ce sont les avalanches déclenchées dans les couloirs longeant la pistes qui servent aujourd’hui d’apport pour empiler une couche suffisante.

Le « concassage » et le dynamitage de ces blocs, et le remodelage du « chemin du départ », permettra une ouverture plus précoce de la piste, par ailleurs favorisée par une exposition Nord/Nord Est idéale pour la conservation de la neige.

Le second projet le plus « spectaculaire » concernant les pistes devrait se réaliser au Seignus par la création de la piste des « Guinands » permettant depuis la piste rouge de La Serre de rejoindre la Base de Loisirs, et donc le jardin d’enfant du Pré de La porte.

La liaison Allos-Le Seignus serait ainsi achevée, rentabilisant au mieux l’actuelle desserte du parking et de la Gare intermédiaire du Téléphérique des Guinands.

Parallèlement à ces importants projets les terrassements, réengazonnements et installations de barrière à vent pour fixer la neige, restent d’actualité, pour améliorer point par point les secteurs qui pourraient poser des problèmes d’enneigement.

Citons pour finir le projet en cours d’agrandissement du chemin de liaison de FonFrede, au Seignus qui devrait permettre d’offrir une piste plus adaptée à la majorité des skieurs qui aujourd’hui empruntent ce chemin étroit pour rejoindre les pistes « basses » de retour à la station.

En résumé, et à titre indicatif ce sont entre 80 et 100 Millions de Francs qui devront être injectés d’ici à 2006 dans les remontées mécaniques du Val d’Allos.

Si certains travaux décrits sont déjà financés, d’autres font partie des négociations menées dans le cadre  du nouveau contrat de plan Etat-Région, et dans celui de la future mise en concession du service à une entreprise privée.

Il ne s ‘agit donc pas de divagations utopiques, mais d’indications données sur les axes de la planification de développement des stations, qui devrait être arrêtés d’ici au printemps 2000.

Les équipements de loisirs annexes.

Que ce soit l’été ou l’hiver, le séjour à la montagne ne se satisfait plus uniquement des activités « basiques » que sont la randonnée pédestre ou le ski.

La création de la « Base de Loisirs » en 1987 a été une avancée sans précédent dans l’offre touristique d’été de notre commune et de la vallée. En effet avant sa réalisation les alternatives à la randonnée restaient la pétanque, la pêche ou, les années pluvieuses, la cueillette des champignons.

En proposant un véritable produit touristique d’été la démarche a été faite de ne plus considérer les vacances estivales comme une activité économique mineure.

Le développement de circuits VTT, et l’exploitation systématique de certaines remontées mécaniques des stations  a, par la suite, continué cette dynamique, et tracé certaines orientations à prendre pour les aménagements à venir, en tenant compte  des erreurs qui parfois avaient pu être commises.

Ainsi l’aménagement de pistes ou de sentiers de proximité, multi –activités, et accessibles  au plus grand nombre semble devoir être une priorité. Les travaux qui seront réalisés au printemps prochain, dans le cadre du contrat d’objectif, entre Allos et La Baumelle, sur le tracé actuel de la piste de ski de fond rentrent dans cette logique. Celle-ci est d’ailleurs partagée en l’occurrence par la démarche du Syndicat Intercommunal qui étudie actuellement, avec l’ADRI (Association Départementale des Randonnées et Itinéraires), la possibilité de réaliser  un véritable itinéraire bis  depuis Chateau-Garnier jusqu’à La Foux d’Allos, réservé à la circulation des piétons et de tous moyens de transports non motorisés (cheval, vélos en particulier).

Les aménagements du village d’Allos, décrits plus haut, et l’aménagement paysager de La Foux qui devrait être achevé pour l’été 2000, depuis les tennis du Centre, jusqu’à l’aire de tir à l’arc rentrent également dans cette volonté d’offrir des espaces de proximités facilement accessibles, sûrs et agréables.

La création de 4 emplois jeunes affectés, pour partie de leur poste, à l’environnement  constituera un moyen d’entretenir, et d’améliorer ces sentiers ou espaces de proximité, indispensables à la qualité des séjours des estivants.

Au delà des investissements plus spécifiques, eux aussi nécessaires pour crédibiliser notre produit été, comme le centre équestre, ou la salle des fêtes complètement restructurée, il faut bien comprendre que ce produit doit concilier les activités de plein air avec l’amélioration du cadre même de notre accueil. Ainsi l’aménagement du village et des stations, la propreté de notre environnement immédiat, la bonne gestion des espaces de fixation des vacanciers (comme le Lac d’Allos et surtout son accès aujourd’hui problématique) sont  les objectifs  qui doivent diriger notre volonté d’organiser un tourisme de qualité.

En ce qui concerne l’hiver l’engouement pour le nouvelles glisses, et du surf en particulier, impose d’ores et déjà l’installation de nouveaux équipements comme les « snows –parks » dont les premières réalisations plus ou moins artisanales sont appelés à se développer.

Paradoxalement la progression de pratiques, à l’origine plus « rustiques », comme la raquette crée la nécessité d’ouvrir de nouveaux itinéraires balisés, et sécurisés, pour ouvrir nos espaces à une découverte plus contemplative de nos paysages.

La complémentarité de toutes les activités d’hiver devra être de mieux en mieux apprécié à sa juste valeur. Sa meilleure organisation aidera les vacanciers à mieux redécouvrir  le monde montagnard beaucoup plus diversifié que l’univers  proposé par  l’unique activité qu’était le ski jusqu’il y a à peine une dizaine d’année, et qui, aujourd’hui semble parfois trop limitative par rapport à la demande.

Le soin de plus en plus attentif apporté aux pistes de ski de fond, la création de la patinoire artificielle de La Foux , s’incluent dans cette démarche qui réconcilie les aspirations des pionniers des sports d’hiver avec les avantages des équipements et de la gestion moderne, qui permettent d’offrir de manière plus constante les activité ludiques, autrefois soumises directement aux caprices de la météo.

Il faut ici aussi souligner la demande croissante des piétons, l’hiver, qui aspirent à avoir leurs propres espaces, corroborant ainsi l’idée, que l’on doit estimer à sa juste valeur, que « la montagne » redevient un « tout ». Si la glisse reste l’élément certes incontournable de l’activité hivernale en stations, celle-ci,  de plus en plus, s’articulera avec les autres activités que le vacancier souhaite se voir offertes dans sa recherche d’un « mode de vie » spécifique à la montagne, et qu’il souhaite radicalement différent de celui qu’il vit dans son quotidien .

Nous nous devons  de recréer une identité pour notre montagne, identité que l’urbanisation accélérée avait un moment perdu de vue et qui, été ou hiver, sera un atout majeur de notre avenir.

La gestion du patrimoine naturel et de l’environnement.

Aujourd’hui en partie lié aux directives de planifications nationales et européennes des territoires,  la gestion de nos ressources naturelles et plus généralement de notre environnement, est sans doute un élément essentiel déterminant pour le produit touristique que nous serons capable d’offrir demain.

La gestion de l’eau, de l’assainissement et des déchets ménagers, la protection de la faune et de la flore, la recherche par la planification de l’équilibre entre le tourisme, l’agro pastoralisme, et les espaces naturels sont devenus les orientations incontournables du développement de notre commune, qui se doit de les intégrer radicalement dans ses objectifs de développement.

Plusieurs opérations directement liées à ces orientations sont en cours d’exécution ou projetées dans les années à venir.

–       Délimitation des périmètres de protection  des captages d’eau potable.

Cette opération décidée il y deux ans par le Conseil Municipal devra délimiter plusieurs périmètres de protection autour des captages d’eau potable : le périmètre immédiat sera clos et isolera le captage lui-même ; le périmètre rapproché, et le périmètre éloigné devra déterminer, après études les prescriptions à appliquer dans ces zones pour éviter en particulier la pollution des nappes  phréatiques par les troupeaux ou autres phénomènes ayant une incidence sur la qualité de l’eau.

–       Autosurveillance de la station d’épuration des eaux usées .

L’installation de l’autosurveillance, obligatoire en février 2000, permet la surveillance permanente et automatique des débits et de la qualité des eaux en entrée et sortie de la station d’épuration. Les travaux sont en cours d’achèvement.

Il faut souligner ici comment la dépollution nécessaire des eaux rejetées dans le Verdon a un impact direct sur le tourisme, ne serait ce que par les effets produits par l’image désolante que le Verdon a pu donner avant la mise en service de la station.

–       Assainissement et Eau Potable.

Pour le budget 2000 sera proposé l’installation du réseau d’assainissement depuis le Villars – Haut jusqu’à Sainte-Brigitte.  Ce secteur est encore desservi par, soit des fosses sceptiques, soit des mini-réseaux déversant encore pour partie les eaux usées dans …La nature.

Le futur réseau sera soit relié à une station d’épuration spécifique, soit à la station existante. Ce sont les coûts qui seront déterminants dans le choix même si les premières estimations penchent aujourd’hui pour la seconde hypothèse.

Il est à noter que cette opération pourrait permettre de relier les trois ou quatre maisons du bas d’Allos non encore raccordées au réseau.

Les subventions obtenues pour l’adduction de l’eau potable à La Baume ont été obtenues, et permettront de réaliser les travaux à la fin de l’hiver.

Cette opération sera couplée avec la réalisation du raccordement à l’assainissement des quelques maisons non encore desservies.

–       La gestion des cours d’eau.

Les inondations de novembre 1994 ont révélé certaines faiblesses  dans le contrôle du lit de nos torrents et rivières.

Les travaux entrepris sur le Verdon, le Bouchier et bientôt le Chadoulin vont permettre de restaurer nos berges durablement, et  la revégétalisation de celles-ci  aidera à les fixer  tout en reconstruisant des morceaux de paysages parfois largement détériorés.

L’exigence de sécurité converge également ici avec le devoir d’offrir à nos visiteurs une image de nos rivières valorisante pour notre territoire. Les berges  fréquentées, souvent à proximité du village, ont trop  offert un spectacle de désolation, largement accentué par la présence d’encombrants et résidus divers qui infligent une moins value inacceptable à des paysages qui sont aussi notre « fond de commerce ».

L’occasion de ces travaux, qui devront être suivis dans les années à venir par d’autres opérations de protection ( travaux de 2ème et 3ème urgence), devra permettre de repaysager les abords de ces rivières qui font partie de notre patrimoine, et qui doivent être considérées comme telles.

Les rivières du Haut-Verdon doivent être à la hauteur de la renommée du Verdon.

Notre adhésion au Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE), du bassin versant du Verdon est la volonté affichée pour demain de s’insérer dans une planification  de la gestion de nos cours d’eau et de leurs ressources, pour en préserver la valeur économique, et la valeur patrimoniale, à long terme.

–       L’incinérateur d’ordures ménagères et la décharge.

Même si la gestion de l’incinérateur et de la décharge est aujourd’hui de la compétence du Syndicat Intercommunal du Haut- Verdon, il ne faut bien reconnaître que leur implantation sur le territoire de la commune suscite une attention plus particulière de notre part.

Si l’incinérateur fut un équipement indispensable et obligatoire en son temps, force est de constater que l’accumulation des mâchefers à son entour, conjuguée à la décharge presque sauvage qui le jouxte, constitue un point noir.

Le plan départemental d’élimination des déchets (attendu depuis deux ans) et la remise en question de l’existence des incinérateurs eux-mêmes par les nouvelles instances dirigeantes nationales et européennes, devrait permettre de clarifier la situation et d’envisager à court terme , et l’avenir de l’incinérateur, et l’avenir de l’élimination de nos déchets, y compris des encombrants de la décharge.

La disparition programmée de toutes les décharges à l’horizon 2002, qui devront s’organiser probablement dans le cadre de déchetteries, appliquant le tri sélectif, laisse prévoir une importante réorganisation de la collecte même des déchets, et du dépôt des encombrants.

Quelques soient les choix imposés demain, il faut dores et déjà espérer que cette restructuration sera soutenu par les différentes instances territoriales et européennes, qui nous aideront à financer le réaménagement paysager de cette zone aujourd’hui très dévalorisante pour nos sites.

–       Les Objectifs du Parc National du Mercantour.

Les objectifs du Parc ont été fidèlement rapportés dans le Bulletin précédent, mais il importe ici d’insister sur la nécessité d’intégrer dans notre stratégie de développement , l’image que celui-ci véhicule en dehors même de notre commune.

La protection de la nature, alliée à l’organisation de sa découverte fait partie intégrante d’une demande d’évasion, et de recherche d’  « univers intacts » que légitime parfaitement l’ « étouffement » ressenti dans les grands centres urbains, d’où vient la majeure partie de nos visiteurs.

La participation financière programmée du Parc pour la restructuration de l’office de tourisme, la volonté affirmée mutuellement ( et avec l’ONF) de réguler efficacement les flux touristiques de la route d’accès au lac, ainsi que l’intention affichée de celui-ci de s’associer à des opérations de conservation du patrimoine bâti ou naturel de la commune, en font de fait un collaborateur privilégié.

Sa  gestion de l’espace, même si elle est parfois contestée, à travers sa mission de protection des paysages, s’inclut de façon complémentaire dans notre propre démarche d’aménagement de notre territoire montagnard, et dans la reconstruction d’une identité, qui demain, plus qu’aujourd’hui encore, sera le support de nos activités touristiques.

Nier la nécessité d’une identité reconnue par nos visiteurs, peut être aussi lourd de conséquences que nier la nécessité de certains investissements strictement matériels indispensables, par exemple, à l’exploitation des remontées mécaniques.

–       La collaboration avec l’O.N.F..

La mission assignée de l’O.N.F. de gestion des forêts domaniales (ou soumises au régime forestier), depuis les reboisements du début du siècle, ou de gestion complémentaire des pâturages ( relevant de leurs compétences), a contribué à la réalisation de pistes forestières ou de sentiers, qu’ils entretiennent et  balisent, maintenant ou développant  des réseaux d’accès à bon nombre de nos sites de randonnées.

Acteur souvent discret de l’évolution de nos paysages, leur intervention sur la régulation du pastoralisme, ou sur le développement des forêts  se conjugue aussi avec leur participation à l’équipement touristique de nos sites naturels.

Leur participation à la création de pistes V.T.T., ou de circuits raquettes s’inscrit dans une volonté de collaboration , qui témoigne de l’intégration, faite par l’Etat, et en l’occurrence par le Ministère de l’Agriculture,  de la compatibilité du tourisme dans les compétences d’une institution  qui à l’origine a pour mission la gestion et la mise en valeur du patrimoine forestier, ainsi que le contrôle des activités  d’exploitation des ressources naturelles, comme la chasse ou la pêche.

Ainsi la mission de protection de l’espace forestier a progressivement depuis un quart de siècle, abandonné les directives strictes de non pénétration  d’activités autres que forestières pour s’orienter de plus en plus vers l’installation d’une multi activité, où l’agro pastoralisme, le tourisme et l’exploitation forestière pourront cohabiter.

Par ailleurs la construction ou la réhabilitation de maisons forestières, ayant la double fonction de cabanes pastorales et de refuge pour randonneurs, symbolise bien cette orientation « mixte » d’une politique qui souhaite diversifier sa démarche de développement des espaces ruraux.

C’est en cela aussi que le partenariat avec l’ONF est essentiel, puisqu’il devrait de plus en plus être un partenaire du développement socio-économique du territoire.

A ce titre la volonté affichée par la commission municipale des pâturages communaux de soumettre bientôt d’autres parcelles du patrimoine communal au régime forestier témoigne de la délégation des compétences que notre commune entend continuer de donner aux institutions susceptibles de mieux préserver ce même patrimoine.

A la croisée de la conservation du patrimoine naturel et du développement du tourisme vert, l’action de l’ONF  propose aujourd’hui une participation à la gestion de l’espace et de ses activités compatibles avec les nouvelles exigences économiques et sociales de l’espace montagnard.

Un siècle après le reboisement, le tourisme s’est greffé sur la réussite de cette opération exemplaire. Si la finalité de la forêt a quelque peu évolué au cours du siècle, force est de constater que cette ressource naturelle, reconstituée puis conservée, a repris peu à peu valeur de ressource économique.

Ainsi les actions  de l’ « ONF » participent à l’  « exploitation du  paysage » qui est sans doute l’orientation primordiale du tourisme montagnard de demain. Notre collaboration étroite dans leurs propres stratégies de gestion ne pourra que renforcer  la construction d’un produit touristique que nous devons peu à peu amener à une maturité durable.

–       Agriculture et pastoralisme.

On a souvent dit que les agriculteurs étaient les artisans qui fabriquaient et entretenaient  nos paysages. Si ceci n’a jamais été totalement vrai sur notre territoire en particulier, depuis le reboisement, il n’empêche qu’ils ont largement contribué à en donner les contours. Que ce soit par l’entretien des près de  fauches sur les parcelles les plus accessibles(la culture fourragère a pris le dessus sur les cultures céréalières à partir du début du siècle), ou  par le pâturage des bovins et des ovins (essentiellement sur les près d’altitude), le monde rural a dessiné l’espace ou le « monde touristique » a installé son propre développement.

Aujourd’hui, entre les trouées des pistes de ski, et les prairies redevenus « sauvages » qui subissent l’assaut de la forêt, si l’on excepte la culture domestique de la pomme de terre, une seule exploitation agricole d’élevage laitier (120 bovins), destiné à la fabrication de fromage subsiste sur notre territoire. Si par ailleurs la transhumance estivale des ovins, et de quelques bovins, continue de se nourrir de nos pâturages d’altitude, le laisser en friche d’une grande partie de notre territoire n’est pas s’en poser certains problèmes.

La protection de la nature n’équivaut pas dans tous les cas à la laisser vierge de toutes interventions de l’homme,…ou de l’animal.

Bien au contraire on sait, par exemple, que l’absence de fauche au de pâturage sur certaines pentes multiplie les risques d’avalanches, dangereuses pour l’homme, mais aussi pour le milieu forestier ou plus généralement végétal. De même l’absence de canalisations et de drainage  des eaux crée des ravinements destructeurs pour les terres et les paysages.

L’absence de culture fourragères, ou d’ entretien des prés, appauvrit les prairies qui sont envahies par les ronces, voire par la forêt. La forêt elle-même, si elle n’est pas exploitée ou entretenue risque une dégénérescence, et peut favoriser la domination de certaines espèces animales ou végétales, au détriment d’autres espèces, rompant des équilibres indispensables à la conservation des espèces.

Ainsi la disparition des « jardiniers » de nos paysages crée un risque réel de déficit de leur valeur à venir.

Dans le cadre de la Loi d’Orientation Agricole, les Contrat d’Exploitation Territoriaux, permettent dès aujourd’hui d’aider l’installation, ou le développement d’activités agricoles visant à remédier aux carences « paysagères » induites par le laisser en friche de l’espace rural. La prise de conscience au niveau de l’Etat et de l’Europe des dangers de la désertification des campagnes a donc abouti à la création de nouveaux outils permettant la recréation des paysages en voie de disparition.

Par là même l’aide fournie aux agriculteurs ne vise plus une incitation à une quelconque productivité, mais a clairement pour objectif  la restauration  ou la conservation des paysages du monde rural.

Dans ce contexte il est à souhaiter que l’exception de la ferme de Sainte-Brigitte, n’en soit plus une, et que le nouvel enjeu du monde rural ressuscite les vocations  des agriculteurs, autrefois découragés par la compétitivité perdue de leur production laitière.

Quoiqu’il en soit, dans l’intérêt même d’un développement touristique de qualité, il est primordial de favoriser les initiatives qui permettront de sauvegarder ou de développer une activité agricole traditionnelle, compatible et complémentaire avec nos exigences économiques et paysagères. Tel est aussi un des enjeux du 3ème millénaire.

L’économie des vallées montagnardes se restructure peu à peu autour du tourisme qui ne se limite plus à empiler des équipements d’hiver ou d’été, à buts plus ou moins lucratifs, mais qui  s’organisent en finalisant une gamme d’éléments plus ou moins disparates et qui, harmonisés , construisent petit à petit un nouvel espace.

Ce nouvel espace du tourisme, bâti sur des paysages « naturels », structuré dans ses centres par  une urbanisation parfois mal adaptée,  est aujourd’hui dans une phase  de recentrage de l’ensemble des activités qui l’animent. La réalité du monde rural qui a motivé et fondé nombre de ces activités, en les détournant de leurs sens premiers, est au début d’une seconde vie faite de l’image de son passé, mais qui ne pourra perdurer que par le soin que l’on saura prendre pour redessiner ses paysages.

Peu importe si ces paysages « néo-ruraux » n’ont plus qu’un rapport imaginaire avec leurs modèles . Ce qui compte pour demain est de pouvoir offrir un environnement toujours plus conforme à ce que nos visiteurs ont imaginé pour leurs vacances…Et cet environnement, quoiqu’il advienne, se devra d’être différent de celui qu’ils ont coutume de vivre quotidiennement.

Autant il est vrai qu’il a suffi, un temps d’offrir (ou de monnayer…) ce que l’on avait, autant il est incontournable qu’il faudra de plus en plus donner ( c’est une façon de parler…) ce que les vacanciers sont en droit d’attendre.

Ainsi le tourisme devenu « économie » à part entière se sera complètement substitué à l’ancienne économie agricole de subsistance que notre vallée (comme d’autres) a pu connaître pendant de longs siècles.

Si cette révolution peut paraître un bouleversement, elle n’est en fait qu’un épisode de la vie d’une communauté, parmi d’autres, qui a du créer des nouveaux outils de travail pour pouvoir continuer à exister. Il faut donc se réjouir que les efforts du passé puissent aujourd’hui servir le développement de demain.

A l’aube de ce troisième millénaire il convient sans doute de rendre hommage au travail de ceux, aujourd’hui oubliés, qui jamais n’auraient pu concevoir que les paysages qu’ils façonnaient pour survivre, seraient un  jour les aires de jeu des consommateurs du loisir.

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  1. Très complet et très intéressant ! Vivement d’autres photos !

  2. J’ai été passionnée par cet article très riche en informations sur l’histoire de l’aménagement du Val d’Allos. L’auteur décrit, mais aussi commente avec justesse les réalités, les enjeux et les tensions qui ont parcouru et qui parcourent cette histoire… laquelle continue depuis la rédaction de ce texte en l’an 2000.

    Après sa lecture, un peu inquiète (j’ai récemment fait l’acquisition d’un-pied-à-terre-à-la-montagne à Allos et j’avais suivi de près le drame de l’incinérateur de Gilly-sur-Isère en Savoie) j’ai recherché des informations sur l’unité d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) implantée sur la commune. Sur le site de Greenpeace j’ai pu lire : « L’UIOM d’Allos a fermé fin 2003 sur arrêté préfectoral. Elle n’a jamais fonctionné aux « normes ». No comment, si ce n’est que l’histoire, en la circonstance, s’est plutôt bien poursuivie.

    Vraiment, ce texte est une présentation remarquable (au delà du « cas » du Val d’Allos) de la « géologie récente » de l’aménagement d’un territoire et d’un espace de montagne. On a envie de suivre cette histoire et d’en savoir plus aussi sur ses différents protagonistes : quid des populations qui vivent toute l’année sur place (environ 700 habitants par exemple à Allos village), quid des relations entre les différents acteurs publics et territoriaux (des « élus » et de leurs équipes techniques à l’ONF en passant les nombreuses autres administrations départementales et régionales, …?; sans oublier tous les acteurs privés ou semi privé/semi public : La poste, les professionnels de santé, etc.

    Ce serait avec plaisir que j’en discuterais à l’occasion avec l’auteur.

    Avec toute ma reconnaissance pour le travail d’écriture – et de terrain! – réalisé.

    FB

    • Je relis pour la première fois mon texte depuis fort longtemps, en me réjouissant d’avoir eu une lectrice (et un lecteur…) intéressée…………..Beaucoup à dire, ou à taire sur cette perception peut-être trop optimiste des efforts de chacun, dans un contexte de mondialisation du consumérisme généralisé, pour « fabriquer des produits » qui puissent laisser une part d’invention et d’enthousiasme à des clientèles très vite blasées des appâts qu’on leur sert, avec renfort d’investissements de plus en plus lourd. Mais ceci est une autre histoire que je n’ai pas forcément envie d’écrire, du moins pour l’instant, dans le contexte où j’exerce…

      BD

      • Merci pour votre commentaire qui me touche particulièrement.
        Je me tiens à votre disposition pour tout sujet que vous voudriez voir développer sur ce site.
        Amicalement
        Laurent

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