1 mai, 2014

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La vie à la ferme vie et tradition parcours de 2 agriculteurs à la Foux en 2014

ferme la feniere la Foux d'Allos mafouxdallos.fr

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la Foux d’Allos
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Qui n’a jamais pensé vivre et travailler à la montagne loin du cahot, du stress et de la frénésie  de la vie urbaine. Sans doute beaucoup trop idéalisée, la vie à la montagne ne présente pas que des avantages. Pour calmer les ardeurs de certains d’entre nous qui voudraient franchir le pas, on pourrait aussi dire que la vie à la montagne pourrait rimer avec isolement, climat rude ou encore pauvreté…   Il me semblait intéressant de poser la question aux intéressés eux même en la personne de Michel et de Jimmy, deux agriculteurs implantés récemment dans la vallée du Haut Verdon.

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Allos est une commune de 700 habitants, elle fait partie du Pays  du Haut Verdon. On y compte en 2014 quatre agriculteurs spécialisés dans les élevages de bovins et d’ovins. Jimmy et Michel sont fromagers à base de lait de vache. Vous pourrez découvrir leurs produits à l’entrée de la station de la Foux.

Michel, âgé de 43 ans, est un agriculteur expérimenté , cela fait 22 ans qu’il est dans sa profession. Il s’ est récemment implanté sur la commune, il est ressortissant belge, agriculteur de tradition.Il est la troisième génération de sa famille. Il rêvait d’avoir une ferme à la montagne, voilà qui est fait.

Jimmy, âgé de 32 ans, aussi ressortissant belge et  l’associé de Michel. Il vient de finir sa formation pour devenir agriculteur. Il a découvert un métier que rien ne lui prédisposait. En effet, il avait une profession de commercial en produit pharmaceutique. C’est sa rencontre avec Michel qui a changé sa vie et lui a fait découvrir une passion pour le métier.

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Fermiers à la montagne:

Loin des 35 heures, des 5 semaines de vacances, du « confort » d’un emploi en CDI, nos deux agriculteurs ont fait le pari de s’implanter dans une ferme à la montagne.

S’installer dans une ferme à la montagne c’est faire face à des saisons plus marquées et donc à une forte saisonnalités dans sa production et ses revenus. C’est aussi accepter d’être plus isolé des grands centres urbains. Il faut donc être armé d’un caractère fort et sans doute aimer la solitude.

Ils ont signé un bail d’exploitation agricole dans une ferme qui ne l’était plus depuis plusieurs décennies. Chez eux le confort moderne n’y a pas de place. Peu à peu ils réhabilitent les locaux. Leur priorité a été de remettre aux normes leur outil de travail. Ainsi ils bénéficient d’un atelier de fabrication tout à fait remarquable. Demain il faudra totalement réhabiliter leur espace de vie.

Il en va de même de leur domaine agricole de 14 hectares. Il faut réhabiliter les clôtures et les chemins, déboiser certaines parcelles pour libérer des espaces agricoles.  Cela représente beaucoup de travail et de temps. Et le temps ils en ont peu au regard du travail qu’il leur faut accomplir.

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Une journée type d’un agriculteur:

Au delà de ces éléments matériels, nos deux associés organisent leur journée de la manière suivante. La traite des vaches se fait deux fois par jour ( à 8 heure et 18h30). Cela représente 2 heure de travail.

Puis il faut s’occuper des vaches, les nourrir, les sortir, nettoyer, re-pailler. Cette charge est beaucoup plus importante de novembre à mai. En effet les vaches sont alors cantonnées dans la ferme.  Cela représente 4 heures de travail par jour.

A cela s’ajoute une composante essentielle de l’activité de fermier, la production du foin. En effet, il s’agit d’une denrée rare et coûteuse pour les fermiers. Raison pour laquelle, tout au long de l’année, ils s’efforcent d’en ramasser et de la stocker. Cela peut représenter jusqu’à 5 heures par jour de juin à début septembre.

Puis vient la création du fromage qui peut prendre plus de deux heures par jour. Le stress de nos amis agriculteurs en tant qu’artisans aguerris est de ne pouvoir répondre à la demande. En effet, les touristes et consommateurs  sont attachés à consommer des produits du terroir et la demande est forte si bien que parfois il est difficile d’y faire face. A cette journée très chargée il faudra rajouter leur présence dans leur lieu de vente pour vendre leur production. Puis la nécessaire  représentation aux différentes festivités afin de se faire connaitre et de promouvoir leur production.

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Un autre élément important vient s’ajouter à ces différentes taches, leur souhait d’être autosuffisant  dans leur consommation de fruits et légumes. Au delà du prix et du travail que cela nécessite, c’est la qualité qui prime, et le plaisir de savourer des aliments bio qui ont du goût par rapport aux produits que nous achetons qui en sont dépourvus .

Nos frénétiques agriculteurs doivent aussi  faire face aux contraintes administratives, à la profusion de nouvelles normes sanitaires, d’hygiènes qui les obligent à investir massivement dans leur outil de production mais aussi dans les contrôles de leur productions et le suivi sanitaires de leur troupeau de vaches.

A la vue de tout ceci on se pose la question de savoir  pourquoi nos deux agriculteurs s’investissent autant sur un tel métier et dans une telle région? La réponse est simple , au delà de la passion qui les lie à leur métier et à leur région d’adoption c’est aussi leur pragmatisme et leur bon sens qui leur fait croire à leur projet.

En effet la vallée du pays du Haut Verdon a une activité économique  fortement  touristique. Et quoi de plus normal que de répondre aux besoins de cette manne incroyable en proposant des produits du terroir? Aujourd’hui,  il y a peu d’offre et un marché à prendre et donc une production à développer. Ainsi les projets sont nombreux afin de répondre à cette demande. Prendre plus de terres,  augmenter le nombre de vaches, relancer la coopérative laitière , créer un syndicat afin de faire valoir leurs intérêts dans le Haut Verdon.

 

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la Foux d’Allos
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Leur  existence sociale est fortement imprégnée de traditions locales et religieuses: 

Imaginez deux étrangers qui s’installent dans une commune très loin de leur pays, dans un pays qui n’est pas le leur. C’est loin d’être évident pour des étrangers de s’intégrer et d’être accepté. Mais pour nos deux associés cela c’est fait rapidement.

Sans doute que l’éducation et l’imprégnation de Michel au monde agricole y sont pour beaucoup. Assurément  leur tempérament et leur personnalité très avenante y ont contribué.

Ici les traditions sont vivaces et fédèrent une grande partie de la communauté. Le monde agricole est étroitement lié à ses coutumes.  Ainsi nos deux associés  font partis de la chorale, sont catholiques pratiquant, assistent aux différentes festivités de traditions locales. Ils savent se rendre disponibles en cas de besoin notamment pour l’animation des festivités.

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Nos deux agriculteurs savent aussi se mettre en avant quant à la promotion de leur production. Et quoi de plus sympathique qu’un artisan fromager. Aussi, ils côtoient beaucoup de monde grâce à leur magasin idéalement placé, aux portes de la Foux d’Allos.

La relation avec le voisinage est très proche, bienveillante, solidaire. L’accueil a été chaleureux des le départ. En effet les voisins voyant arriver deux nouveaux résidents  et de plus agriculteurs. Leur soutien et leur aide ont été total. Ils se sentent soutenus. C’est important de se sentir appuyé lorsque l’on se lance dans un tel chantier! Un projet de vie.

 

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Leur vie sociale privée

La parfaite intégration de nos deux associés ne doit pas faire oublier qu’ils ont besoin de pouvoir s’épanouir à titre personnel et cela passe par le fait de construire une vie amoureuse.

Comment faire lorsque l’on a un métier exigent, que les distances sont assez lointaines des centres urbains? Comment rencontrer une personne et sortir de son isolement? Et puis rencontrer une personne est un fait, mais il faut qu’elle ait des valeurs proches, qu’elle soit sensible et qu’elle aime le monde paysan, le monde rural, ses coutumes, la terre.

Michel aime à souligner que sa profession n’est en rien responsable de son isolement. De plus à l’heure des nouvelles technologies, les nouvelles applications pour smartphone et les sites de rencontres ne manquent pas et visent à abolir les distances. Et puis la station de ski la Foux d’Allos est heureusement un lieu de passage. En Été elle est fortement visitée car elle est située prêt du Col D’Allos . Bref pour nos deux associés, tout va bien.

 

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Vous l’aurez compris, bien que nos deux agriculteurs aient à subir des contraintes techniques, une pénibilité importante voir une précarisation et un isolement. Nos deux agriculteurs ne changeraient de métier pour rien au monde. Leur métier est leur grande passion. Car peu de professions sont aussi concrètes et si utiles pour la collectivité. Ils construisent tous les jours et tout les jours cela se voit, se ressent. Enfin vivre et travailler à la montagne c’est aussi des valeurs de proximité et de solidarité, de qualité, de simplicité. Enfin leur gout de leur métier, ils aiment à le transmettre aux travers de leur production et de leur investissement au quotidien, tant au niveau de leur savoir faire que de leur communauté car nos deux associés ont du talent et du cœur.

 

 

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